Du 27 juillet au 1er août 2026, les rives du lac Léman ont de nouveau vibré au rythme martial de notre école. Comme chaque année, le dojo Oshukai Reims Champagne a fait le déplacement à Thonon-les-Bains pour participer au grand stage international de Karaté Shorin Ryu et de Kobudo d’Okinawa organisé par Oshukai.
Une semaine d’entraînement intensif, de retrouvailles, de sueur et d’échanges, mais aussi de moments décisifs avec les traditionnels passages de grades. S’il fallait retenir une leçon de cette édition 2026 pour notre dojo, elle tiendrait en un mot : le Kime.
L’Esprit de Décision et la Force de la Répétition
Souvent traduit par « l’énergie focalisée » au moment de l’impact, le Kime n’est pas qu’une notion physique. C’est avant tout un état d’esprit. C’est l’engagement total, la décision ferme d’y aller sans retenue ni hésitation. Mais ce Kime, cette étincelle de lucidité, ne sort pas de nulle part. Il est le fruit direct de l’assiduité et de la répétition inlassable. C’est parce que le pratiquant a répété mille fois son mouvement, nourri par l’exigence du travail au dojo mais aussi par la rigueur silencieuse de son travail personnel, qu’il peut, le jour J, s’exprimer en toute confiance.
Cette année, trois représentants de notre dojo, à commencer par notre professeur lui-même, se sont présentés aux examens. Ils y sont allés préparés, sereins, forts de leurs innombrables heures de pratique, et tous les trois sont revenus avec leurs nouveaux grades.
Trois Parcours, Trois Leçons de Persévérance
- Maître Théodore Lê (7ème Dan de Kobudo) : Le passage au 7ème Dan est une étape monumentale dans la vie d’un pratiquant. L’obtention de ce haut grade par notre professeur est l’illustration parfaite de ce que produit la répétition sur toute une vie. C’est la maîtrise silencieuse, la constance absolue et l’assiduité élevées au rang d’art. En se soumettant lui-même à l’épreuve de l’examen, Maître Théodore Lê prouve par l’exemple qu’un guide reste avant tout un éternel chercheur sur la voie. Une immense fierté pour notre école.
- Louis Dupont (2ème Dan de Karaté) : La réussite de Louis est une formidable victoire sur lui-même. Pratiquant de longue date dont l’engagement et l’expérience ne sont plus à démontrer, il devait toutefois composer avec la forte pression inhérente aux passages de grades, ce qui l’avait amené à prendre son temps avant de se présenter. Cette année, Louis a fait le choix du Kime mental : il a pris la décision ferme d’y aller, a su garder la tête froide et a parfaitement canalisé cette tension pour exprimer pleinement son karaté. Une superbe leçon de contrôle et de lucidité.
- Rodolphe Prom (1er Dan de Karaté) : La force du retour. Obtenir sa ceinture noire de Karaté après une pause de près de 30 ans est un accomplissement rare ! Son retour martial, amorcé il y a 5 ans par le Kobudo (dont il a décroché son 2ème Dan il y a deux ans), trouve ici un nouvel écho. Le parcours de Rodolphe prouve qu’il n’est jamais trop tard pour revenir, et que la répétition rigoureuse efface les années d’interruption.
Le Kime des Premiers Pas
Cette capacité à s’engager pleinement ne se réserve cependant pas aux grades avancés : elle s’exprime dès les débuts de la pratique. Cette édition 2026 a ainsi été marquée par la première participation d’Élodie, élève récente du dojo et fraîchement promue ceinture jaune. Faire le choix de s’immerger dans une semaine de stage international intensif, aux côtés de pratiquants venus de tous horizons, est une véritable forme de Kime mental. Une démarche courageuse et formatrice qui s’inscrit dans la lignée de celle entreprise l’année dernière par Gérard, un autre de nos membres, prouvant que l’esprit de décision et l’implication personnelle se cultivent dès les premiers pas dans le dojo.
Le Grade Évolue, la Responsabilité Grandit
Ils sont partis confiants, ils sont revenus gradés. Pour Rodolphe, la ceinture se teinte d’un noir nouveau pour le Karaté. Pour Théodore et Louis, bien qu’elle reste visuellement la même, elle gagne encore en profondeur. Pour tous les trois, ce nouveau cap franchi est synonyme de plus d’exigence et de responsabilité.
Dans notre discipline, l’euphorie de la réussite laisse rapidement place à une réalité beaucoup plus terre à terre, et c’est ce qui fait la beauté de notre art. Un nouveau Dan n’est pas une ligne d’arrivée ni un aboutissement ; ce n’est qu’une borne kilométrique sur une route qui ne s’arrête jamais.
L’obtention d’un grade ne nous dispense pas des bases, elle nous donne au contraire le devoir de les creuser encore plus profondément. Ce niveau d’exigence accru s’accompagne d’un rôle fondamental au sein du dojo : plus le grade évolue, plus la responsabilité de montrer la voie est importante. Avancer sur le chemin martial, ce n’est pas seulement se perfectionner soi-même, c’est aussi devenir un repère juste pour les autres, et veiller à transmettre cette flamme et cet engagement à ceux qui suivent.
Dès la rentrée, il faudra donc de nouveau enfiler le karategi, saluer le dojo, reprendre le Kihon et poursuivre le polissage de la pierre. Une progression véritable ne reposant jamais uniquement sur les cours, c’est bien l’alliance indispensable entre le travail au dojo et le travail personnel qui forgera les réussites de demain. Avec humilité et détermination. Le travail continue. Encore félicitations à nos trois promus !









